"L'association, en allant au devant des situations de détresse, défend des valeurs, une vision du monde, voire un projet de transformation du monde. Sans cette ambition, son action se limiterait à une mission de bienséance."
Jean Rousseau, Emmaüs
J’ai 50 ans, je suis marié, j’ai trois filles. Je suis artisan dans le bâtiment, j’emploie quatre salariés. Certains ont travaillé pour Emmaüs. Le bénévolat, c’est quelque chose dont je ne peux pas me passer, c’est comme une drogue ; la drogue d’être avec les autres, de rencontrer les autres… On donne, mais on reçoit, on reçoit beaucoup plus qu’on ne donne. Le mot ensemble est très important, c’est pas tout seul dans son coin qu’on fait quelque chose, c’est avec d’autres.
Dans ma vie, ma famille est prioritaire, et mon travail, qui fait vivre ma famille. Mais parfois, la vie associative déborde, c’est tellement enrichissant. Et puis, on intervient parfois en famille. Par exemple, à la braderie Emmaüs à Poitiers –une braderie qui reçoit 15 à 20 mille visiteurs- ma femme et deux de mes filles tenaient une caisse ; C’est une bonne façon de tout concilier.
Au plan professionnel aussi je peux agir. Quand j’ai commencé chez Emmaüs, je prenais du matériel chez des clients qui n’en voulaient pas et au lieu de l’emmener à la déchetterie je le stockais. Puis j’ai ouvert un petit dépôt. Sur mon véhicule, j’ai affiché un très gros autocollant Emmaüs, aussi gros pratiquement que celui de mon entreprise. Mes ouvriers sont conscients du temps que je donne et pour eux c’est important. Ils ont travaillé avec les compagnons ils savent qui ils sont, ils connaissent la richesse qu’on peut connaître à vivre avec eux. Moi, je jongle avec tout ça…