

Sylvie, graphiste
29ans
Durant une période de chômage, j’ai eu envie d’utiliser ce temps de manière intelligente : me rendre utile, servir une cause qui me tient à cœur et en même temps rester active.
J’ai rencontré une petite association locale (près de Nîmes) qui protège l’environnement.
Leur projet associatif était très intéressant mais ils n’avaient pas les moyens de se faire connaître et de communiquer sur leurs actions. Étant graphiste de formation, je leur ai fait bénévolement un logo, un site internet et je continue à leur faire des affiches pour leur communication lorsqu’ils en ont besoin.
Cela m’a permis acquérir de nouvelles compétences sur de nouveaux logiciels, de rajouter une ligne à mon CV et une page à mon book ! Et tout ça dans la bonne humeur !
Ils sont ravis et moi aussi.
Anne-France
Métro, boulot, dodo... on a vite fait de se laisser happer par le rythme de nos vies citadines et quand on prend le temps de s'arrêter quelques instants pour souffler, on se demande alors : mais au fond, c'est quoi, le sens de tout ça ?
J'avais toujours regardé le bénévolat avec une forme d'envie mêlée d'inquiétude : qu'est-ce que moi, je pouvais bien apporter à une association ? Je n'étais pas médecin, encore moins institutrice ou animatrice de colo... je me sentais un peu pataude et puis est-ce que j'allais savoir faire, et où trouverais-je le temps... ? Mais il y avait au fond de moi le désir sincère d'être utile.
Alors, quand on m'a proposé de donner des cours de soutien à une enfant de l'ADASS, deux heures par semaine, je n'ai pas hésité une seconde : pour une fois, je me sentais à la hauteur de la mission.
Le bilan ? Le sourire de Caroline, 9 ans, ses progrès, sa confiance naissante en elle : pour tout cela, je suis ravie d'avoir osé franchir le pas ! Quant à moi,et bien, si je me regarde sans doute avec un peu plus d'indulgence maintenant... c'est en bonne partie grâce à elle ! Une expérience qui aura eu le mérite de me décomplexer et de m'apprendre que le bénévolat, ce n'est pas de la charité mais un véritable échange...
Daisy
Je suis intermittente du spectacle depuis presque 30 ans et j’ai toujours eu des périodes de travail et des périodes d’inactivité liées à mon métier.
J’ai intégré une équipe de bénévoles des « restaurants du cœur » pendant 3 ans. J’avais trouvé la solution de m’engager tous les dimanches.
Depuis quelques mois, je suis au chômage. J’ai découvert l’association MIAA à Paris. Cette association, qui distribue des repas à l’heure du déjeuner, a été créée par des intermittents du spectacle et permet à chacun de s’engager selon ses disponibilités entre périodes de travail et périodes de chômage sans engagement à l’année.
Nous partons en équipe de deux personnes avec une voiture MIAA vers 11 H du matin et parcourons un itinéraire précis afin de rencontrer les personnes qui vivent dans la rue.
J’ignorais, au départ, en quoi consistait ces maraudes car je n’avais travaillé, au Restaurant du cœur, qu’en camion ou dans des centres de distribution de repas.
J’avais, c’est vrai, une petite appréhension quant à la manière d’aborder tous ces gens sur le trottoir et en fait, tout s’est passé avec douceur et simplicité.
Pour la majorité, ils nous attendent, nous tendent la main, se lèvent s’ils sont couchés, nous remercient. Pour ceux qui ne sont pas sédentaires, ils nous accueillent avec surprise et acceptent bien volontiers un repas chaud, un shampoing, un vêtement avec sourires et remerciements. Certains nous parlent, nous racontent des bribes de leur vie, leur difficulté pour rester propre, pour ne pas tomber malade et bizarrement, ces témoignages, au lieu de m’anéantir, m’ont donné de la force, de l’énergie, l’envie de continuer à les aider, de relativiser mes problèmes personnels.
De ne vouloir aller qu’à l’essentiel.
En fait, j’ignorais, quand j’ai commencé les maraudes, que je recevrais autant que ce que je donnerais.
Je crois qu’être bénévole c’est aussi cela.
Il y a un vrai échange.
Les gens les plus démunis nous donnent souvent une sacré belle leçon de vie.

Marie-Josée
Ma découverte du bénévolat est très ancienne. Etudiante, j’avais envie de passer des vacances « utiles aux autres ». Je suis tombée sur l’APF (Association des Paralysés de France) qui cherchait des accompagnateurs bénévoles pour leurs centres de vacances d’été durant 3 semaines.
Je leur ai proposé ma bonne volonté n’ayant aucune formation pour l’animation mais me sentant capable de donner un coup de main pour le quotidien.
C’est lors de mon inscription que l’APF a vu que j’étais étudiante infirmière et cette spécificité les a intéressés. J’ai donc accepté de prendre en charge le côté sanitaire et soins tout en participant à l’animation.
J’y suis retournée 4 années consécutives! L’ambiance d’amitié, de partage, d’échanges entre tous, la joie de vivre des personnes handicapées qui nous « portaient » littéralement, ont fait de ces séjours des moments très forts et inoubliables dans ma vie. Ce sont de loin les meilleures « vacances » que j’ai passées.
Pour moi faire du bénévolat c’est donner aux autres, mais c’est recevoir en retour mille fois plus que ce que l’on a donné!
(Et pour l’anecdote, des années plus tard c’est un des bénévoles rencontré là-bas qui est devenu mon mari.)
Sandrine, 37 ans
Je suis maman d'une fillette de 2 ans et demi et j'exerce une profession libérale.
J'habite dans un tout petit village d'environ 300 habitants et je suis passionnée de lecture.
Lorsque j'ai appris que la bibliothèque de ma commune cherchait des bénévoles, j'ai tout naturellement proposé mes services.
J'ai un métier très prenant et un enfant en bas âge mais ça ne m'empêche pas pour autant de m'investir dans le bénévolat à hauteur de mes possibilités.
Environ deux ou trois fois par mois, je fais des permanences à l'accueil. Et lorsque mon emploi du temps me le permet, ponctuellement, il m'arrive de donner également un coup de main pour le catalogage, l'achat de nouveaux ouvrages ou l'accueil des scolaires.
Je dois préciser que dans les petites communes, souvent par manque de moyens, la mise en place et le maintien d'un service culturel comme la bibliothèque repose uniquement sur la notion de bénévolat. En gros, pas de bénévoles, pas de bibliothèque.
D'un point de vue personnel, cette activité m'apporte une petite bouffée d'énergie et de fraîcheur tout à fait salutaire dans le sens où elle me permet de concilier le plaisir de me sentir utile tout en évoluant dans un domaine culturel qui m'est à la fois cher et familier.
D'autre part, n'oublions pas qu'à l'heure où beaucoup de petits villages meurent, une bibliothèque c'est aussi une façon de maintenir un certain lien social.

Hermann, informaticien
33 ans
Actuellement, j’aide le Secours Catholique, dans la gestion du parc informatique. J’ai travaillé à plusieurs reprises pour diverses associations. Les travaux que j’exerce sont très variés, maintenance informatique, création de bases de données, accueil…
Je suis ravi de toutes ces expériences qui m’ont fait évoluer. Le bénévolat m’a beaucoup apporté, et c’est pour moi un vrai plaisir de me mettre au service des autres, car j’ai besoin de me sentir utile.

Evelyne
Mes parents ont toujours été bénévoles, et je crois que j’ai cela dans le sang. Cela a commencé, en 1974, avec l’association de la Bourse aux vêtements. Puis, dès que mon fils a été en maternelle, je me suis présentée comme bibliothécaire et animatrice de lecture pour les petits. Tout au long de sa scolarité, j’ai été déléguée de parents d’élèves.
Parallèlement, j’ai commencé le tir à l’arc : le club ayant besoin de bonnes volontés, dès 1989 j’ai tenu puis organisé « la buvette » lors des manifestations de notre club, puis me suis occupée du greffe lors des concours. Depuis 1992, je suis élue au Bureau. Comme ce sport me plaît énormément et que nous manquons de formateurs, j’ai décidé de m’investir encore plus. C’est ainsi que j’ai passé le diplôme d’initiateur et mon diplôme d’entraîneur. Depuis 1998, j’enseigne le tir à l’arc une fois par semaine aux enfants, aux adolescents et aux adultes.
Quel plaisir, lorsqu’on les accompagne à un concours du dimanche, d’en voir certains monter sur le podium ou passer en championnat départemental puis régional, voire tard national... Quel plaisir de les voir se réjouir, et de partager leur joie lorsqu’ils obtiennent une « plume » ou une « flèche », ou lorsqu’ils ont réussi un bon score... Quel plaisir de voir la joie de leurs parents dans ces mêmes conditions. Et surtout, quel plaisir de les voir se réinscrire l’année suivante, puis d’année en année. On se dit qu’on a réussi quelque chose : transmettre notre passion !
Brigitte, enseignante retraitée
Avec 36 ans d'enseignement, un mari, trois enfants, du bénévolat et des blessures comme il y en a dans toutes les vies, j'ai pris une retraite anticipée à 57 ans et la perspective de grandes vacances perpétuelles ! C'est agréable ... pendant 3 mois ! Une fois la fatigue effacée, et la jeunesse retrouvée, que faire de toute cette énergie ? C’est le moment où on cherche à donner un sens à notre vécu et pourquoi pas à notre futur… Ainsi, une après-midi, je me suis retrouvée dans les bureaux de France Bénévolat. Je voulais être utile et j’imaginais transformer mon expérience douloureuse en une aide active au sein d’une association. Parler avec les accueillants, me voir proposer des adresses à contacter : cela m’a convaincue d’une chose : il ne faut pas toucher aux blessures trop vite ! Elles peuvent s’ouvrir et surtout elles ne peuvent pas servir aux autres. Je n’ai donc pas contacté les adresses indiquées.
Par contre, c’est France Bénévolat qui m’a rappelé en me proposant de me joindre à eux. Cela fait maintenant trois ans que je fais partie de l’équipe. J’ai découvert un autre monde. Pendant une vie de travail, on s’imagine dans la vraie vie. La vie d’enseignante, même si elle offre une énorme part d’humain, ne m’avait pas confronté aussi fort aux plus démunis.
Je garde comme principal souvenir de ma première année celui d’avoir découvert des gens dont je n’imaginais pas le mode de vie. Rencontrer des sans-papier, les écouter, tenter de trouver une association qui veuille les accueillir, ne pas y parvenir, m’a fait prendre conscience que, cette fois, j’étais confrontée à la vraie vie. Mais pour venir en aide aux plus démunis et aux associations qui s’en occupent, il faut que ce monde soit connu, il faut des bénévoles et il faut faire connaître France Bénévolat.

Chantal, Présidente d'EVASION RANDO
60 ans
Alors que beaucoup attendent d'avoir l'âge de la retraite pour faire du bénévolat moi, j'exerce cette activité depuis toujours. Bénévole de plusieurs associations depuis mon plus jeune âge, aujourd’hui je suis présidente de l’association que j’ai fondée pour le développement de la randonné pédestre. Notre association propose diverses activités pour les jeunes, pour les adultes, pour les personnes retraitées… Par moments je suis un peu débordée, mais je n'ai jamais eu l'idée de calculer le temps passé pour le bénévolat. Le bénévolat m'a bercé tout au long de ma vie, et ce n'est pas fini. Le bénévolat m'a beaucoup apporté, y compris parfois quelques déceptions bien sûr, surtout énormément de satisfactions. J'ai rencontré beaucoup de personnes intéressantes. J'ai beaucoup donné aux autres, mais aussi beaucoup reçu en retour. Il me semble que ce que j'ai fait a vraiment compté pour certains. J'ai toujours eu envie de mettre en pratique mon savoir faire auprès des autres. Pour moi, le bénévolat est un grand partage, c’est un échange permanent.