
Anne-France
Métro, boulot, dodo... on a vite fait de se laisser happer par le rythme de nos vies citadines et quand on prend le temps de s'arrêter quelques instants pour souffler, on se demande alors : mais au fond, c'est quoi, le sens de tout ça ?
J'avais toujours regardé le bénévolat avec une forme d'envie mêlée d'inquiétude : qu'est-ce que moi, je pouvais bien apporter à une association ? Je n'étais pas médecin, encore moins institutrice ou animatrice de colo... je me sentais un peu pataude et puis est-ce que j'allais savoir faire, et où trouverais-je le temps... ? Mais il y avait au fond de moi le désir sincère d'être utile.
Alors, quand on m'a proposé de donner des cours de soutien à une enfant de l'ADASS, deux heures par semaine, je n'ai pas hésité une seconde : pour une fois, je me sentais à la hauteur de la mission.
Le bilan ? Le sourire de Caroline, 9 ans, ses progrès, sa confiance naissante en elle : pour tout cela, je suis ravie d'avoir osé franchir le pas ! Quant à moi,et bien, si je me regarde sans doute avec un peu plus d'indulgence maintenant... c'est en bonne partie grâce à elle ! Une expérience qui aura eu le mérite de me décomplexer et de m'apprendre que le bénévolat, ce n'est pas de la charité mais un véritable échange...
Bastien et Mickaël , 
bénévoles co-fondateurs de l’association Un stage, et après.
On s’est rencontré à Zy’va, une association de Nanterre au sein de laquelle on faisait du soutien scolaire. Nous sommes tous les deux issus de milieux assez privilégiés et c’est à Zy’va que nous avons découvert les réalités des inégalités sociales face à l’éducation, au monde du travail… Même si nos motivations personnelles sont différentes, nous nous retrouvons dans une révolte commune contre ce déterminisme.
En étant bénévoles dans cette association, nous avons pris conscience des difficultés que rencontrent les jeunes de Nanterre pour imaginer un horizon autre que le bac professionnel. On a eu envie de prendre les choses en main, de monter notre association. « Un Stage, et après » est né en 2010 et aujourd’hui c’est une structure qui mobilise 300 bénévoles sur l’année, dont nous deux!
Sur le plan personnel, c’est un défi considérable d’intéresser les acteurs locaux, les politiques, les entreprises à notre projet, et en ce sens c’est assez formateur. Et surtout nous sommes heureux de voir ce qu’un Stage, et après apporte à ces jeunes. C’est notre révolution tranquille!"

Marie-Josée
Ma découverte du bénévolat est très ancienne. Etudiante, j’avais envie de passer des vacances « utiles aux autres ». Je suis tombée sur l’APF (Association des Paralysés de France) qui cherchait des accompagnateurs bénévoles pour leurs centres de vacances d’été durant 3 semaines.
Je leur ai proposé ma bonne volonté n’ayant aucune formation pour l’animation mais me sentant capable de donner un coup de main pour le quotidien.
C’est lors de mon inscription que l’APF a vu que j’étais étudiante infirmière et cette spécificité les a intéressés. J’ai donc accepté de prendre en charge le côté sanitaire et soins tout en participant à l’animation.
J’y suis retournée 4 années consécutives! L’ambiance d’amitié, de partage, d’échanges entre tous, la joie de vivre des personnes handicapées qui nous « portaient » littéralement, ont fait de ces séjours des moments très forts et inoubliables dans ma vie. Ce sont de loin les meilleures « vacances » que j’ai passées.
Pour moi faire du bénévolat c’est donner aux autres, mais c’est recevoir en retour mille fois plus que ce que l’on a donné!
(Et pour l’anecdote, des années plus tard c’est un des bénévoles rencontré là-bas qui est devenu mon mari.)
Sandrine, 37 ans
Je suis maman d'une fillette de 2 ans et demi et j'exerce une profession libérale.
J'habite dans un tout petit village d'environ 300 habitants et je suis passionnée de lecture.
Lorsque j'ai appris que la bibliothèque de ma commune cherchait des bénévoles, j'ai tout naturellement proposé mes services.
J'ai un métier très prenant et un enfant en bas âge mais ça ne m'empêche pas pour autant de m'investir dans le bénévolat à hauteur de mes possibilités.
Environ deux ou trois fois par mois, je fais des permanences à l'accueil. Et lorsque mon emploi du temps me le permet, ponctuellement, il m'arrive de donner également un coup de main pour le catalogage, l'achat de nouveaux ouvrages ou l'accueil des scolaires.
Je dois préciser que dans les petites communes, souvent par manque de moyens, la mise en place et le maintien d'un service culturel comme la bibliothèque repose uniquement sur la notion de bénévolat. En gros, pas de bénévoles, pas de bibliothèque.
D'un point de vue personnel, cette activité m'apporte une petite bouffée d'énergie et de fraîcheur tout à fait salutaire dans le sens où elle me permet de concilier le plaisir de me sentir utile tout en évoluant dans un domaine culturel qui m'est à la fois cher et familier.
D'autre part, n'oublions pas qu'à l'heure où beaucoup de petits villages meurent, une bibliothèque c'est aussi une façon de maintenir un certain lien social.
Daisy
Je suis intermittente du spectacle depuis presque 30 ans et j’ai toujours eu des périodes de travail et des périodes d’inactivité liées à mon métier.
J’ai intégré une équipe de bénévoles des « restaurants du cœur » pendant 3 ans. J’avais trouvé la solution de m’engager tous les dimanches.
Depuis quelques mois, je suis au chômage. J’ai découvert l’association MIAA à Paris. Cette association, qui distribue des repas à l’heure du déjeuner, a été créée par des intermittents du spectacle et permet à chacun de s’engager selon ses disponibilités entre périodes de travail et périodes de chômage sans engagement à l’année.
Nous partons en équipe de deux personnes avec une voiture MIAA vers 11 H du matin et parcourons un itinéraire précis afin de rencontrer les personnes qui vivent dans la rue.
J’ignorais, au départ, en quoi consistait ces maraudes car je n’avais travaillé, au Restaurant du cœur, qu’en camion ou dans des centres de distribution de repas.
J’avais, c’est vrai, une petite appréhension quant à la manière d’aborder tous ces gens sur le trottoir et en fait, tout s’est passé avec douceur et simplicité.
Pour la majorité, ils nous attendent, nous tendent la main, se lèvent s’ils sont couchés, nous remercient. Pour ceux qui ne sont pas sédentaires, ils nous accueillent avec surprise et acceptent bien volontiers un repas chaud, un shampoing, un vêtement avec sourires et remerciements. Certains nous parlent, nous racontent des bribes de leur vie, leur difficulté pour rester propre, pour ne pas tomber malade et bizarrement, ces témoignages, au lieu de m’anéantir, m’ont donné de la force, de l’énergie, l’envie de continuer à les aider, de relativiser mes problèmes personnels.
De ne vouloir aller qu’à l’essentiel.
En fait, j’ignorais, quand j’ai commencé les maraudes, que je recevrais autant que ce que je donnerais.
Je crois qu’être bénévole c’est aussi cela.
Il y a un vrai échange.
Les gens les plus démunis nous donnent souvent une sacré belle leçon de vie.
Claire, étudiante, 23 ans
J'ai effectué mon bénévolat l'année passée durant mes études, à raison de deux heures par semaine, dans un atelier collectif pour enfants, autour de la thématique de la Culture.
L'Afev (Association de la Fondation Etudiante pour la Vie) m'avait proposé d’intervenir auprès des enfants dans le cadre d’un accompagnement individuel ou collectif. J'avais choisi un accompagnement collectif car j'avais peur, au fond, de créer un lien trop fort avec un enfant. Arrivée à la fin de l'année, j'étais finalement attachée aux dix enfants comme s'ils n'étaient qu'un !
Cette expérience m'a permis une remise en question profonde, autant sur le plan professionnel que sur le plan personnel.
J'avais pour ambition de faire carrière dans la communication, dans un cadre très serré et finalement, côtoyer ces enfants chaque semaine m'a donné l'envie de devenir institutrice. J'ai appris à aimer être au contact des enfants. C'était un réel échange et je pense qu'ils m'ont apporté bien plus que ce que je leur ai apporté.
Cette expérience m'a ouvert plusieurs portes et plus de clarté dans mon avenir.
Actuellement, suite à cette expérience j’effectue un service civique volontaire auprès de l’AFEV.
Claire,
46 ans
Dans ma vie professionnelle, je suis responsable de projet dans les secteurs bancaire et de l’assurance. En étant bénévole chez France Bénévolat, je poursuis ainsi ma mission de conseil. Entre autres, je détermine les besoins des associations pour les mettre en relation avec les envies et les compétences des bénévoles. C’est vraiment ce qui me motive.
J’ai décidé de m’engager dans cette activité en partant de deux constats : j’ai un intérêt marqué pour autrui et je souhaite transposer mes compétences de conseil au service du monde associatif.
J’avais cette réflexion depuis longtemps et je me suis lancée en 2009. La rencontre avec la présidente de France Bénévolat Paris, Elisabeth, a aussi été déterminante dans le choix de devenir bénévole auprès de cette association. Les tâches qui m’incombent me plaisent, je sais organiser mon temps pour m’y consacrer. Par rapport à ma vie professionnelle, je dirais que cela m’apporte une certaine sérénité, un bon équilibre.

Hermann, informaticien, 33 ans
Actuellement, j’aide le Secours Catholique, dans la gestion du parc informatique. J’ai travaillé à plusieurs reprises pour diverses associations. Les travaux que j’exerce sont très variés, maintenance informatique, création de bases de données, accueil…
Je suis ravi de toutes ces expériences qui m’ont fait évoluer. Le bénévolat m’a beaucoup apporté, et c’est pour moi un vrai plaisir de me mettre au service des autres, car j’ai besoin de me sentir utile.

Evelyne
Mes parents ont toujours été bénévoles, et je crois que j’ai cela dans le sang. Cela a commencé, en 1974, avec l’association de la Bourse aux vêtements. Puis, dès que mon fils a été en maternelle, je me suis présentée comme bibliothécaire et animatrice de lecture pour les petits. Tout au long de sa scolarité, j’ai été déléguée de parents d’élèves.
Parallèlement, j’ai commencé le tir à l’arc : le club ayant besoin de bonnes volontés, dès 1989 j’ai tenu puis organisé « la buvette » lors des manifestations de notre club, puis me suis occupée du greffe lors des concours. Depuis 1992, je suis élue au Bureau. Comme ce sport me plaît énormément et que nous manquons de formateurs, j’ai décidé de m’investir encore plus. C’est ainsi que j’ai passé le diplôme d’initiateur et mon diplôme d’entraîneur. Depuis 1998, j’enseigne le tir à l’arc une fois par semaine aux enfants, aux adolescents et aux adultes.
Quel plaisir, lorsqu’on les accompagne à un concours du dimanche, d’en voir certains monter sur le podium ou passer en championnat départemental puis régional, voire tard national... Quel plaisir de les voir se réjouir, et de partager leur joie lorsqu’ils obtiennent une « plume » ou une « flèche », ou lorsqu’ils ont réussi un bon score... Quel plaisir de voir la joie de leurs parents dans ces mêmes conditions. Et surtout, quel plaisir de les voir se réinscrire l’année suivante, puis d’année en année. On se dit qu’on a réussi quelque chose : transmettre notre passion !
Brigitte, enseignante retraitée
Avec 36 ans d'enseignement, un mari, trois enfants, du bénévolat et des blessures comme il y en a dans toutes les vies, j'ai pris une retraite anticipée à 57 ans et la perspective de grandes vacances perpétuelles ! C'est agréable ... pendant 3 mois ! Une fois la fatigue effacée, et la jeunesse retrouvée, que faire de toute cette énergie ? C’est le moment où on cherche à donner un sens à notre vécu et pourquoi pas à notre futur… Ainsi, une après-midi, je me suis retrouvée dans les bureaux de France Bénévolat. Je voulais être utile et j’imaginais transformer mon expérience douloureuse en une aide active au sein d’une association. Parler avec les accueillants, me voir proposer des adresses à contacter : cela m’a convaincue d’une chose : il ne faut pas toucher aux blessures trop vite ! Elles peuvent s’ouvrir et surtout elles ne peuvent pas servir aux autres. Je n’ai donc pas contacté les adresses indiquées.
Par contre, c’est France Bénévolat qui m’a rappelé en me proposant de me joindre à eux. Cela fait maintenant trois ans que je fais partie de l’équipe. J’ai découvert un autre monde. Pendant une vie de travail, on s’imagine dans la vraie vie. La vie d’enseignante, même si elle offre une énorme part d’humain, ne m’avait pas confronté aussi fort aux plus démunis.
Je garde comme principal souvenir de ma première année celui d’avoir découvert des gens dont je n’imaginais pas le mode de vie. Rencontrer des sans-papier, les écouter, tenter de trouver une association qui veuille les accueillir, ne pas y parvenir, m’a fait prendre conscience que, cette fois, j’étais confrontée à la vraie vie. Mais pour venir en aide aux plus démunis et aux associations qui s’en occupent, il faut que ce monde soit connu, il faut des bénévoles et il faut faire connaître France Bénévolat.